Afghanistan: pourquoi les talibans ont gagné

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Les talibans sont entrés dans Kaboul sans avoir à combattre. EPA/MAXPPP

DÉCRYPTAGE – Énarque, ancien diplomate, familier de l’Afghanistan, où il s’est rendu à de nombreuses reprises jusqu’à l’an dernier dans le cadre de ses recherches pour les quatre romans de sa «série afghane»*, Cédric Bannel annonçait en juin «la victoire des talibans avant la fin du mois d’août».

Hier, des talibans sont venus cueillir Sarwar, un ancien policier afghan de mes amis, dans sa maison, à Kaboul. Il a réussi à s’enfuir mais comment leur échapper durablement? Sans doute est-il déjà mort. Le même jour, à l’aéroport, Nour, une autre amie, a été violemment fouettée pour son attitude «occidentalisée».

Il n’y aura donc pas de période de grâce: les talibans sont les mêmes, ils n’ont pas changé, ils ne changeront jamais.

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L’effondrement de l’État afghan n’a pas été une surprise pour tous. Cette débâcle n’est que la conséquence inéluctable d’une triple faillite – militaire, diplomatique et morale – du pouvoir afghan comme de l’Occident.

Le retrait des forces occidentales a été pensé par les présidents Trump puis Biden dans un cadre de politique intérieure américaine et sur la base d’un calendrier essentiellement symbolique (avoir quitté le pays avant le 20e anniversaire du 11 Septembre) plutôt que militaire. Le point névralgique de ce désastre a été l’évacuation, en une seule nuit

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