Alger, rue d’Isly, 26 mars 1962: un massacre à l’ombre de l’histoire

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Des tirailleurs algériens de l’armée française font face à des manifestants devant la Grande Poste, rue d’Isly. -/AFP

RÉCIT – Longtemps occultée, cette fusillade de civils français par l’armée française a été reconnue, 60 ans plus tard, par le président Macron. Mais les plaies restent à vif et les survivants craignent que leur histoire ne disparaisse avec eux.

Située en plein centre d’Alger, l’ancienne rue d’Isly s’appelle désormais la rue Larbi-Ben-M’Hidi. Légèrement en retrait par rapport au front de mer, c’est une des artères qui relient le cœur de la ville aux quartiers du nord: la Casbah, Bab el-Oued. Comme souvent dans la capitale algérienne, le nom a changé mais le décor est resté semblable à ce qu’il était à l’époque où l’Algérie faisait partie de la France. Au pied des immeubles immaculés s’alignent toujours des terrasses de cafés, des boutiques. La façade néomauresque de la Grande Poste marque le début de la rue. Sur ce large trottoir, un marchand dans son kiosque vend aux passants des œillets et des roses.

La plupart des rues d’Alger ont été rebaptisées après l’indépendance, mais c’est souvent leur ancien nom qui est resté d’usage. Les Algérois sont comme leur ville: ils ont la mémoire longue. C’est un point qu’ils ont en commun avec les anciens Français d’Algérie pour qui, à tout jamais, la rue Larbi-Ben-M’Hidi restera la rue d’Isly…

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