Au Liban, les femmes otages du patriarcat et des religions

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Par Sibylle Rizk

Publié , Mis à jour

À l’appel de l’ONG de défense des droits des femmes, Abaad, une femme manifeste, le 25 novembre à Beyrouth, pour dénoncer le manque de protection des femmes au Liban. PATRICK BAZ/ABAAD

ENQUÊTE – Juridiquement traitées comme inférieures aux hommes, leur statut personnel soumis à leur appartenance confessionnelle, les Libanaises ne peuvent défendre leurs droits d’héritage ou de garde des enfants en cas de divorce. Une anomalie qui paralyse la société tout entière.

Beyrouth

L’analogie choisie par le premier ministre pour décrire la condition peu enviable du Liban lors de la célébration de son indépendance, le 22 novembre dernier, a ravivé le débat sur la place des femmes dans la société libanaise, qui ne les considère pas, en droit, comme des citoyennes à part entière. Najib Mikati a comparé la commémoration à celle d’une «femme divorcée qui fêterait l’anniversaire de son mariage». Ajoutant doctement qu’«elle n’en serait pas là si elle avait réussi à préserver la bonne entente au sein de son couple».

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Une allusion probable à la nécessaire réconciliation des oligarques communautaires qui se partagent le pouvoir pour que son gouvernement, formé après treize mois de vacance à la tête de l’exécutif, puisse à nouveau se réunir. Le Conseil des ministres ne s’est pas tenu depuis le 12 octobre, en dépit de l’urgence liée aux crises multiples qui ravagent le Liban.

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