Comment Vladimir Poutine poursuit la réécriture du passé soviétique

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La dissolution brutale de Memorial et la crise d’Ukraine sont les maillons d’une même tendance lourde, celle d’un pouvoir russe en plein retour vers le passé soviétique. ALEXEY NIKOLSKY/AFP

DÉCRYPTAGE – Le travail titanesque de l’organisation russe Memorial, véritable «conscience» historique de la nation et pilier central de la résistance à la répression politique actuelle, vient d’être stoppé en plein vol avec sa dissolution par la Cour suprême.

«Rien n’est plus imprévisible que le passé», écrivait Orwell. Depuis plus de trente ans, l’organisation russe Memorial, gardienne de la mémoire du Goulag et pilier central de la résistance au rouleau compresseur de la répression politique qui se déploie à nouveau en Russie, a tenté de faire mentir ce constat. Véritable «conscience» historique de la nation, cette organisation sans équivalent en Russie, créée par le grand dissident Andreï Sakharov et dirigée aujourd’hui par le courageux historien Alexandre Tcherkassov, a amassé, jour après jour, fiche après fiche, victime après victime, le puzzle des millions de cas d’emprisonnements, de tortures, de liquidations et autres assassinats sommaires commis par le pouvoir soviétique contre son propre peuple pendant soixante-dix ans de dictature communiste. Un travail titanesque, loin d’être terminé, mais stoppé en plein vol par la dissolution de l’ONG.

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