Couple d’enseignants menacés de mort à Marseille: un homme mis en examen

Des mesures de protection ont été prises après la découverte d’une photo de Samuel Paty dans la boîte aux lettres des deux professeurs.

Un homme a été placé aujourd’hui en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur des menaces de morts reçues par un couple d’enseignants à Marseille, a indiqué dans la soirée le parquet. À ce stade de l’enquête, il apparaît que les faits ne présentent aucun lien avec la profession des victimes.

« À ce stade, il ne faut ni instrumentaliser, ni utiliser cette affaire ». Marion Chopinet (SNES FSU) résume l’état d’esprit général régnant à Marseille, 24 heures après l’annonce de menaces de mort proférées à l’encontre d’un couple d’enseignants. Les collègues des deux professeurs « ne sont pas terrorisés quand ils vont en cours, d’autant que nous n’avons pas eu de remontées signalant le moindre incident dans les lycées ou collèges lors de l’hommage à Samuel Paty », poursuit la syndicaliste, qui tient à souligner la réactivité du rectorat. Des mesures de protection ont en effet été prises sitôt la plainte déposée.

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Les premiers faits remontent au 8 septembre 2021, soit une semaine après la rentrée scolaire. Professeurs dans deux collèges différents, mari et femme découvrent dans la boîte aux lettres de leur domicile une photo de Samuel Paty. Ils se rendent immédiatement au commissariat voisin, situé dans les quartiers sud de la cité phocéenne, pour porter plainte. Quatre jours plus tard, c’est une lettre dactylographiée qui leur parvient par la poste. «Tu vas crever», peut-on notamment lire sur la feuille.

Le 16 octobre, jour de l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty, une troisième missive est trouvée, avec de nouvelles menaces : «Derniers jours […] semaine prochaine, tu mourras». Les victimes déposent immédiatement une deuxième plainte «pour menaces de mort par écrit».

Affaire prise «très au sérieux»

Des sources policières assurent que cette affaire a été prise « très au sérieux » dès le départ. Un travail classique d’analyse a notamment été entrepris sur les documents. Selon un policier (qui n’est pas en charge de cette enquête), le fait qu’il n’y ait pas encore eu d’interpellation dans une enquête jugée prioritaire et sensible signifie que « celui ou celle qui profère ces menaces a pris des précautions et que les courriers ne sont pas exploitables. Ou alors que les lettres ont parlé, mais qu’il n’y a pas de corrélation avec des empreintes ou de l’ADN dans les fichiers ».

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Toujours selon ce spécialiste, l’enquête menée est à spectre large et pas spécifiquement ciblée sur une menace terroriste. Ce que confirme Dominique Laurens, la procureure de la République de Marseille.

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