Covid-19 : «Français floués», «politique folle», «demi-mesures»… Les oppositions vent debout contre l’exécutif

Les annonces de Jean Castex lundi soir ont fait bondir certains candidats à la présidentielle, qui ironisent notamment sur la teneur de certaines mesures.

À presque 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, les différents acteurs de la classe politique pensaient profiter de la fameuse « trêve des confiseurs » – période entre Noël et le jour de l’An – pour recharger les batteries avant des prochaines semaines bien chargées. C’était sans compter sur la déferlante du variant Omicron sur le pays qui rend quasiment silencieux tout débat public et aphone toute parole politique, davantage perçue comme la marque d’un objectif électoral que d’une participation à l’intérêt général.

À lire aussiCovid-19: Emmanuel Macron joue les équilibristes face à la déferlante Omicron

Dès lundi soir, après la conférence de presse du premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran, la classe politique a retrouvé de la voix… pour décrier des nouvelles mesures jugées sans queue ni tête. À commencer par la prétendante RN à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, sur Twitter : « Les Français, notamment les jeunes et les seniors, ont été floués. On leur a promis un retour à la vie normale avec le vaccin. Aujourd’hui, ils vivent sous la menace permanente de nouvelles restrictions. » Pour elle, « en multipliant les mesures punitives qui n’ont aucun sens, le gouvernement s’agite au lieu d’agir. »

Son adversaire de la droite nationaliste Éric Zemmour, lui, a préféré jouer la carte de l’ironie : « Pas de café debout, pas de pop-corn au cinéma, pas de chips dans le train : la nouvelle politique sanitaire du gouvernement est encore plus folle que l’ancienne. » Du côté de LR, pas de réaction directe de la candidate Valérie Pécresse, mais de l’un de ses plus proches, Geoffroy Didier, député européen. « Le gouvernement mise tout sur la vaccination mais prend un risque sur l’école. En ne reportant pas la rentrée prévue un 3 janvier (…) il risque une désorganisation de l’école empêchant les parents d’anticiper », raille celui qui est également conseiller régional en Île-de-France.

«Aveu d’échec»

À gauche, on dénonce surtout le manque de prévision. Sur Franceinfo lundi soir, le député (LFI) de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel a tancé le « terrible aveu d’échec » de l’exécutif, qui subit « les mois de non-préparation de cette nouvelle vague ». Selon l’élu, le pays « paye le fait de ne pas avoir mis le paquet sur l’hôpital public (…) et de ne pas avoir organisé la société en fonction du virus. » Une critique partagée par la finaliste de la primaire EELV Sandrine Rousseau, mardi matin, sur France Inter. « On fait des demi-mesures, on s’arrête au milieu du chemin. (…) Ce sont des mesures marketing ou autoritaires. (…) De crise en crise, on grignote nos libertés », dénonce-t-elle.

À VOIR AUSSI – Covid-19: les nouvelles restrictions concernant les lieux publics pour freiner la propagation du variant Omicron

À lire aussiCovid-19, Omicron : Nouvel An, école, masque, télétravail… Ce qu’il faut retenir des annonces de Jean Castex

Sans surprise, la majorité a apporté son soutien indéfectible aux nouvelles restrictions décidées après le Conseil de défense sanitaire, lundi soir. La porte-parole de LREM Maud Bregeon a notamment loué le pragmatisme du gouvernement sur Europe 1. « Si on en est là, c’est parce que 90 % des Français éligibles se sont fait vacciner (…). On franchit chaque obstacle un peu mieux que le précédent», juge-t-elle. Sur la question enfin très sensible des meetings politiques, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, l’a assuré : « Les règles constitutionnelles ne permettent pas de fixer des jauges aux réunions politiques. Mais évidemment, la majorité présidentielle s’imposera de respecter les jauges fixées dans tous ses événements. »

À VOIR AUSSI – Covid-19: le projet de loi sur le passe vaccinal «adopté» en Conseil des ministres