Covid-19: pressés par Omicron, les députés entament l’examen du passe vaccinal

Devant la commission des lois, Olivier Véran a défendu ce nouveau tour de vis à l’endroit des non-vaccinés.

Pas de trêve des confiseurs à l’Assemblée nationale. Les députés ont commencé mercredi en commission des lois l’examen du texte visant à transformer le passe sanitaire en un passe vaccinal. Le douzième relatif à la gestion de l’épidémie de Covid-19, a relevé le ministre de la Santé, Olivier Véran, en informant la représentation nationale que 208.000 Français avaient été diagnostiqués positifs lors des dernières 24 heures. Un record absolu depuis l’arrivée du virus dans l’Hexagone, il y a près de deux ans. L’émergence du variant Omicron provoque un «raz de marée», a-t-il indiqué, alors que le variant Delta continue d’être actif sur le territoire. Ces deux «ennemis» bousculent le début d’année de l’exécutif, qui s’inquiète de voir 10% de la population contaminée ou cas contact de façon simultanée à la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre.

Avec le nouveau tour de vis à l’endroit des non-vaccinés, le gouvernement espère limiter les contraintes, même si les boîtes de nuit sont déjà obligées de fermer leurs portes – au moins jusqu’à la fin du mois de janvier -, que l’île de La Réunion va connaître un couvre-feu dès le 1er janvier, que le télétravail va redevenir la norme pour des millions de salariés. La promesse d’un retour à la vie normale s’érode et «de plus en plus de Français s’interrogent sur ce que la collectivité doit consentir au bénéfice de celles et ceux qui refusent le vaccin», a glissé le ministre de la Santé.

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Bien que les doutes prospèrent quant à la capacité du vaccin à faire barrage à l’envol des contaminations, Olivier Véran a certifié que 70% des patients en réanimation n’étaient pas vaccinés. À destination des réticents, le ministre de la Santé avertit: «Il y a vraiment peu de chances que vous puissiez passer cette fois-ci entre les gouttes.» «On va continuer de resserrer les mailles. (…) Il faut se vacciner, sinon on ne va plus s’en sortir», a-t-il martelé, deux jours après la tenue d’un Conseil de défense sanitaire.

Centaine d’amendements.

Une stratégie vertement critiquée par Mathilde Panot, la présidente du groupe France insoumise. Elle a accusé l’exécutif de mettre dos à dos deux catégories de Français. «Pas de guerre sans ennemi, et l’ennemi est tout trouvé: “À bas les non-vaccinés”», a regretté cette proche de Jean-Luc Mélenchon, hostile au passe vaccinal. Le groupe LFI a pris la tête de l’opposition au texte et a déposé une centaine d’amendements. À ses yeux, la difficulté des hôpitaux à faire face à cette nouvelle vague est imputable aux moyens alloués par le gouvernement, jugés insuffisants. «Nous ne céderons pas à votre chantage qui consiste à opposer en toutes circonstances la protection de la santé et la sauvegarde des libertés», a lâché Mathilde Panot.

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Le passe vaccinal, «qui a pour vocation de faire avancer la couverture vaccinale», selon le député Ian Boucart, a reçu l’approbation du groupe LR. Tout en réclamant des «garde-fous», via une clause de revoyure et une application limitée dans le temps. La droite voudrait qu’il ne s’applique qu’aux majeurs, alors que le texte prévoit qu’il concerne tous les Français dès 12 ans. Elle s’inquiète également – comme le PS – de la possibilité, pour les salariés des établissements concernés, de contrôler l’identité des détenteurs du passe.

«Beaucoup de Français, vaccinés, se posent des questions sur l’accumulation de mesures prises par le gouvernement et les contraintes qui s’ajoutent les unes aux autres», a mis en garde Ian Boucart, qui refuse que le vote de la droite en faveur du passe vaccinal soit analysé comme un satisfecit adressé au gouvernement. Le texte sera soumis aux votes des députés lundi.