Détenu en Iran, un Français entame une grève de la faim

Benjamin Brière est incarcéré depuis plus d’un an et demi. Le jeune photographe de 36 ans effectuait depuis 2018 un voyage à travers l’Iran à bord de son van.

Triste fin d’année pour Benjamin Brière. Incarcéré dans la prison de Vakil Abad, à Machhad, depuis plus d’un an et demi, le jeune photographe français de 36 ans a entamé une grève de la faim le 25 décembre pour protester contre les mauvaises conditions de sa détention, dont l’interdiction d’appeler sa famille pour les fêtes de Noël. «Qu’attend le tribunal révolutionnaire de Machhad pour passer en revue les accusations politiques retenues contre Benjamin Brière, incarcéré depuis 570 jours ?», s’insurge son avocat iranien, Saïd Dehghan, sur Twitter.

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Le cauchemar de son client remonte à mai 2020. Benjamin Brière, qui effectue depuis 2018 un voyage à travers l’Iran à bord de son van, a le malheur de prendre des photos avec un drone de loisir dans des zones considérées comme « interdites » par les autorités. Ces dernières l’accusent aussitôt d’espionnage et de propagande contre le système. Son avocat dément, affirmant qu’il s’agissait de prises de vue dans un parc naturel. L’Iran a toujours été prisé des touristes français pour la beauté de ses paysages, la richesse de sa culture et l’accueil chaleureux de sa population.

Une photographie non datée de Benjamin Brière, transmise par sa sœur Blandine Brière. BLANDINE BRIERE / REUTERS

Contactée par l’AFP, sa sœur, Blandine Brière, dénonce «les maltraitances qu’il a subies depuis vingt mois». «Il ne voit aucune évolution dans sa situation», précise-t-elle, en déplorant une «prise d’otage sans raison». «C’est complètement illégal, on ne sait rien. Benjamin a besoin de plus de diplomatie française», poursuit-elle.

«Contacts réguliers» avec le Quai d’Orsay

Par le passé, Téhéran a plusieurs fois utilisé des prisonniers étrangers ou binationaux comme monnaie d’échange dans ses négociations et contentieux avec l’Occident. Arrêté en Iran en 2019, le chercheur français Roland Marchal, avait finalement été libéré en mars 2020 après que Paris eut libéré l’ingénieur iranien Jalal Rohollahnejad, dont les États-Unis réclamaient l’extradition pour violation des sanctions américaines contre l’Iran. En revanche, sa compagne chercheuse Fariba Adelkhah est toujours retenue en Iran. Incarcérée en même temps que lui et de nationalité franco-iranienne, elle a été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ». Elle est assignée à résidence à Téhéran depuis octobre 2020, après seize mois passés derrière les barreaux.

Comme elle, au moins une dizaine de binationaux sont actuellement sous les verrous en Iran. Benjamin Brière serait, lui, le seul ressortissant occidental emprisonné en République islamique dont on a connaissance. Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré lundi suivre son cas «avec la plus grande attention» et avoir des «contacts réguliers» avec lui au titre de la protection consulaire. Selon le quai d’Orsay, sa dernière visite consulaire remonte au 21 décembre et il a été contacté par l’Ambassade de France. Son sort, en revanche, demeure toujours incertain.