Entre le PSG et l’équipe d’Italie, le cauchemar continue pour Donnarumma et Verratti

Deux semaines après l’élimination en C1 avec le Paris-SG, les deux Italiens voient leurs rêves de disputer le Mondial s’envoler avec la Nazionale.

De Madrid à Palerme, Gianluigi Donnarumma et Marco Verratti ont vu leurs deux plus grands objectifs de l’année s’envoler en 15 jours. Le 9 mars dernier, le PSG se sabordait face au Real Madrid en Ligue des champions (3-1), encaissant un triplé de Karim Benzema en à peine plus d’un quart d’heure. Jeudi soir, l’équipe d’Italie a vu ses rêves d’accession au Mondial s’évanouir sur un coup de poignard signé Aleksandar Trajkovski dans les arrêts de jeu, face à la modeste Macédoine du Nord (0-1). «Ce n’est pas juste mais la Macédoine n’a rien volé. C’est nous qui nous sommes perdus en chemin», résume-t-on dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport, le quotidien aux pages roses étant remonté contre «sa» Nazionale après cette élimination, comme l’ensemble de la presse italienne.

Surtout que la Squadra Azzurra, déjà hors-jeu pour le Mondial 2018 en Russie, nourrissait de grandes ambitions au Qatar après son titre de champion d’Europe l’été dernier. Un sacre en forme de renaissance, croyait-on, avec une Italie qui pouvait compter sur des cadres expérimentés (Verratti, Insigne, Immobile, Jorginho, Chiellini, Bonucci…) et une génération dorée pour assurer l’avenir (Donnarumma, Barella, Chiesa, Locatelli, Bastoni, Zaniolo…) autour de Roberto Mancini. «Nous avons des bases solides même s’il faudra souffrir car rien n’est jamais assuré. Notre objectif est de gagner le Mondial. Mais pour cela, il faut d’abord gagner ces deux matches», lâchait le sélectionneur italien avant cette demi-finale de barrages pour la Coupe du monde 2022 contre la Macédoine du Nord, se projetant déjà sur une éventuelle finale contre le Portugal ou la Turquie mardi prochain. La suite, on la connaît : l’Italie a sombré, tandis que le Portugal est passé (3-1) jeudi.

Donnarumma n’est plus lui-même.

Gazzetta dello Sport

«Nous sommes détruits», a reconnu Giorgio Chiellini. Et c’est sans doute encore plus le cas pour les deux Parisiens de cette sélection italienne K.O. debout après ce séisme. D’autant que Donnarumma, brillant à l’Euro 2020 et élu meilleur joueur et meilleur gardien du tournoi, n’est pas exempt de tout reproche sur le but de l’ex-Palermitain Trajkovski, lui qui n’a rien eu à faire avant dans ce match en forme d’attaque-défense.

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Certes, les trois défenseurs italiens qui entouraient l’attaquant macédonien ont brillé par leur attentisme sur ce coup, ce sont eux les vrais «coupables». Certes, sa frappe est sèche, puissante et parfaitement placée pour trouver le petit filet opposé. Mais comme le décrit La Repubblica, le portier du PSG est à tout le moins «distrait», même s’il est «difficile de l’accabler», analysent nos confrères. On a effectivement le sentiment qu’il met trop de temps à réagir et à se détendre. «Pendant 85 minutes, il applaudit à distance, le ballon ayant toujours voyagé loin de sa zone. Et quand il doit démarrer d’un coup, parce qu’un tir très anguleux de Trajkovski sort de nulle part, il n’a même pas terminé le rodage», grince-t-on sur le site de Sky. «Il manquera de chance, mais tu ne peux pas prendre un but comme ça», ajoute-t-on dans les colonnes de la Gazzetta, allant jusqu’à dire que «Donnarumma n’est plus lui-même. Il ne restera titulaire (en sélection) que s’il redevient Donnarumma».

Evidemment, Gigio n’est pas le seul à prendre le tarif dans les médias italiens ou sur les réseaux sociaux au lendemain de ce tremblement de terre. Les attaquants alignés jeudi soir à Palerme n’ont par exemple pas été épargnés, à l’image de Lorenzo Insigne, «prêt pour le Canada» selon la GdS. Lequel Insigne a déjà signé à Toronto. Auteur d’un match cohérent, Verratti est l’un des seuls à sortir du lot. «Tout passe par lui, mais il ne peut rien faire si la panique règne autour de lui. Lui, il méritait la finale. Et il mérite de rester», juge la Gazzetta.

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Verratti en larmes

Des éloges qui ne seront pas suffisants pour consoler le «Petit Hibou», en larmes jeudi soir. «C’est vraiment très dur d’accepter une défaite comme ça. Vous méritez nos excuses», avait-il lâché il y a deux semaines, après la sortie de piste contre le Real. Pas le temps de se remettre qu’il est déjà replongé dans les abîmes. «C’est un match qu’on devait gagner, il n’y a rien d’autre à dire. Et prendre ce but à deux minutes de la fin, c’était le cauchemar. C’est comme ça, au football, dans les matches à élimination directe, il faut savoir marquer», a pesté Verratti jeudi soir, après ce hold-up macédonien qui fera date dans l’histoire du foot italien, peut-être encore plus que la débâcle française contre la Bulgarie en 1993, au Parc des Princes.

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Un Parc que Verratti et Donnarumma retrouveront dans un peu plus d’une semaine, le 3 avril, pour le premier des neuf derniers matches du PSG en 2021-22 contre le FC Lorient. Et ils n’y trouveront certainement pas un havre de paix au vu du degré de colère des Ultras parisiens après le Real Madrid…

Un test de plus pour Marco Verratti, qui en a déjà vu d’autres, que ce soit en sélection, notamment en 2017 et ce barrage perdu contre la Suède, ou à Paris, contre Barcelone et Manchester United en C1, avant le Real. Du haut de ses 23 ans, Gianluigi Donnarumma, lui, navigue en terre inconnue. Sa capacité au rebond sera jugée dans cette épreuve, lui qui était déjà impliqué sur le but égalisateur de Benzema à Madrid. L’arbitre de la rencontre aurait pu/dû siffler une faute du Français, comme n’ont pas manqué de le souligner les Parisiens à Bernabeu. Mais on se demande encore ce qu’attendait l’ancien de l’AC Milan pour dégager le ballon… «Faute ? Non, pas du tout, je le presse, il attend et après il perd le ballon, tout simplement», avait corrigé Karim Benzema.

C’est de ces moments difficiles que l’on sort plus forts.

Gianluigi Donnarumma après l’élimination en C1 avec Paris

Rappelons que Donnarumma restait sur six buts encaissés en deux matches, entre Madrid et cette parodie de match à Monaco (3-0), lui qui avait néanmoins brillé depuis le début de la saison, malgré l’alternance avec Keylor Navas. «Ils ont fait autant de bons matchs l’un que l’autre mais sur du factuel, les deux-trois matchs à la moyenne, ou en dessous de la moyenne, sont plus chez Navas que chez Donnarumma», analysait l’ancien portier du PSG Jérôme Alonzo pour Le Parisien, avant le match retour de C1 contre le Real Madrid en Espagne. Et d’ajouter : «Je trouverais ça hyper injuste que Navas ne joue pas à Madrid». C’est pourtant le choix opéré par Mauricio Pochettino, avec les conséquences que l’on sait… Mancini, lui, avait balayé tout cela d’un revers de main, assurant avant Italie-Macédoine qu’il n’était «absolument pas inquiet» au sujet de son géant (1,96m) de 23 ans dans les buts. «C’est toujours mieux de l’avoir avec nous que contre nous», avait-il poursuivi.

«L’élimination de la Ligue des champions a été un coup dur. Les deux derniers jours n’ont pas été faciles, mais c’est de ces moments difficiles que l’on sort plus forts», confiait Donnarumma après Madrid, assurant qu’il fallait «penser au présent, à gagner la Ligue 1, à tout donner pour ce maillot, ce club et nos supporters». Bis repetita… Une chose est sûre : la fin de saison sera longue pour tout le monde au PSG. Et peut-être encore davantage pour Gianluigi Donnarumma et Marco Verratti après cette nouvelle catastrophe en sélection…