La demande de libération du plus vieux détenu de France, «Tommy» Recco, 87 ans, rejetée

La demande de suspension de peine pour raison médicale de Joseph-Thomas dit «Tommy» Recco, le plus vieux détenu de France à 87 ans, a été rejetée jeudi 4 novembre par le tribunal d’application des peines de Bastia, a appris l’AFP de sources concordantes.

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Condamné en 1983 à la réclusion criminelle à perpétuité pour deux triples meurtres, Recco avait déjà formulé plusieurs demandes de libération anticipée. L’octogénaire, né le 10 mai 1934 à Propriano et détenu au centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse), avait formulé une nouvelle demande de suspension médicale de peine «du fait de son âge très avancé et des diverses maladies dont il souffre», expliquait ses conseils dans la requête en suspension de peine que l’AFP a pu consulter.

Un risque de récidive ?

Il s’agissait de la 21ème demande de libération conditionnelle rejetée par la justice. La chambre d’application des peines de la Cour d’appel de Bastia avait rejeté une précédente demande, dans son arrêt du 7 juillet 2020. La même année, un rapport médical avait conclu à une compatibilité entre son état de santé et son maintien en détention.

En dépit de l’âge du détenu, la justice considère que le risque de récidive demeure présent, au regard du très lourd passé de Recco. «Je ne suis pas étonné, même si je suis déçu», a réagi Me Alain Lhote, un de ses deux avocats. «Les contraintes légales sont insurmontables. Il faut que trois experts considèrent que votre état de santé est incompatible avec la détention ce qui n’est malheureusement pas le cas.»

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Ses conseils envisagent déjà la suite sur un tout autre terrain: «Cette décision ouvre la porte à un nouveau contentieux hors du cadre légal en France, avec une saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme. Elle appréciera si un homme peut rester aussi longtemps détenu sans qu’à un moment donné se pose la question du sens de la peine.» Du côté des parties civiles, Me Linda Piperi a exprimé «un soulagement». «À chaque nouvelle demande, la douleur est ravivée. Les parties civiles veulent que Recco effectue sa peine jusqu’au bout.»

L’octogénaire avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juin 1983 par la cour d’assises du Var à Draguignan pour deux triples meurtres qu’il a toujours niés: celui de trois caissières d’un supermarché de Béziers (Hérault) le 22 décembre 1979, et celui d’une fillette, de son père et d’un de leurs voisins, commis à Carqueiranne (Var) le 18 janvier 1980. En 1962, il avait déjà été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de son parrain, sa peine avait été commuée en vingt années de réclusion criminelle. Il avait bénéficié d’une libération conditionnelle en 1977.