L’«amazonisation» de la cocaïne, un fléau urbain et rural

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«Le rail, qui est d’ordinaire de 0,5 gramme, est désormais surchargé», s’inquiète Guillaume Airagnes, psychiatre addictologue à l’hôpital Georges-Pompidou. Dmitry Volochek/DedMityay – stock.adobe.com

DÉCRYPTAGE – Plateforme téléphonique, fichiers clients, usage du darknet ont dorénavant intégré le «business model» des réseaux de drogue.

«Même la mère au foyer de 40 ans s’y met!», constate le professeur Laurent Karila en évoquant l’évolution de la consommation de la cocaïne en France. «Après avoir déposé le petit à l’école, elle prend sa drogue, sa coupe de champagne et fait ses tableaux de peinture», poursuit-il. La description n’a rien d’exagéré. Depuis une bonne dizaine d’années déjà, la cocaïne n’est plus cantonnée aux seules soirées paillettes ou au milieu de la création. Elle s’est répandue dans toute la société.

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Le service de psychiatrie et addictologie que dirige ce spécialiste à l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, témoigne de cette réalité. «Je reçois tous les profils possibles», dit-il. L’infirmière libérale, le chef d’entreprise, le patron de bar, le gérant de boucherie ou la vendeuse, poussent la porte de son cabinet de consultation. «La consommation s’est totalement banalisée», constate-t-il.

«Il y a une ubérisation avec livraison à domicile»

L’arrivée massive de cette drogue en Europe et la baisse du prix qui a suivi expliquent cette déferlante qui s’infiltre…

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