Leipzig : Nkunku tourne au super avant ses retrouvailles avec Paris

DÉCRYPTAGE – Si son équipe alterne le bon et le moins bon depuis le début de la saison, l’ancien Parisien confirme semaine après semaine qu’il a passé un cap, se montrant brillant et régulier.

Si Red Bull donne des ailes, le RasenBallsport aussi. Christopher Nkunku déploie en tout cas les siennes sous les couleurs des Taureaux rouges de Leipzig dans ce début de saison. Les chiffres sont éloquents : neuf buts en 11 matches et quatre passes décisives, dont deux doublés en Bundesliga avant la trêve et même un triplé lors d’un match fou contre Manchester City, en Ligue des champions. Match fou, mais perdu (défaite 3-6). Et des défaites, le vice-champion d’Allemagne en a connu d’autres dans ce début de saison cahin-caha. Après un large succès face à l’équipe de deuxième division de Sandhausen (4-0), en Coupe d’Allemagne, les joueurs de Jesse Marsch – successeur de Julian Nagelsmann sur le banc – ont concédé cinq défaites en dix matches, pour trois victoires et deux nuls, le dernier en date samedi dernier, sur le terrain de Fribourg (1-1). Et ce malgré l’ouverture du score d’Emil Forsberg en première période et plusieurs occasions de faire le break, dont une barre de Nkunku juste avant la pause.

Des résultats décevants qui mettent les vice-champions d’Allemagne au pied mur, eux qui n’occupent qu’une modeste huitième place au classement du championnat allemand et la dernière position dans la hiérarchie de la poule A, en C1. Autant dire qu’il y a déjà urgence sur tous les tableaux. «Les chiffres sont clairs. On a besoin de points», reconnaît coach Marsch. «On a un très bon groupe, un très bon coach qui a ses idées. Je reste confiant. Je suis persuadé qu’on pourra faire quelque chose de bien demain (mardi)», assure le Français Nordi Mukiele.

« Il est énorme… Il fait partie des grands maintenant, il se montre sur la scène européenne. »

Presnel Kimpembe sur Christopher Nkunku

Dans cet océan d’irrégularité, Nkunku, lui, affiche un niveau de performance qui détonne. Une vraie métamorphose pour l’ancien Parisien, qui a clairement franchi un cap. Ce n’est pas son ancien coéquipier au centre de formation du PSG Presnel Kimpembe qui dira le contraire… «Il est énorme… On connaît tous ses qualités. Moi particulièrement parce qu’on a été formé ensemble. Il a énormément évolué, même si on connaissait son potentiel. Il fait partie des grands maintenant, il se montre sur la scène européenne», s’enflamme le défenseur parisien. Déjà en vue depuis son transfert à 13 M€ en Allemagne, il y a un peu plus de deux ans, avec cinq buts et 16 passes décisives lors de sa première saison (44 matches), et sept buts et 11 passes décisives en 2020-21 (40 matches), mais souvent vu comme un joker de luxe dans le regard de certains, le natif de Lagny-sur-Marne s’impose comme l’atout numéro 1 de Leipzig.

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«C’est un nouveau Christopher Nkunku», jure-t-on dans les colonnes du quotidien allemand Bild, conquis par les prouesses d’un joueur qui aligne des statistiques dignes des meilleurs cette saison. Et c’est son nouvel entraîneur, Jesse Marsch, qui en parle le mieux, lui qui n’est pas pour rien dans l’éclosion de l’ancien titi, positionné plus haut cette saison : «C’est un super joueur. Il a soif d’apprendre, encore et toujours, plus de choses dans son travail au quotidien. Je lui ai demandé de jouer à droite plus qu’à gauche. Maintenant, j’ai même le sentiment qu’il peut jouer avant-centre car il est très intelligent, très rapide, très efficace et il a beaucoup de qualités techniques. Il est malin lorsqu’il s’agit de convertir ses occasions en buts. C’est un joueur très important pour nous. Il a connu un mois vraiment prolifique. Il peut progresser pour devenir un encore meilleur joueur. Mais c’est déjà un élément clé de notre équipe, pas de doute», a par exemple dit le technicien étasunien de 47 ans, précédemment passé par l’autre club de la galaxie Red Bull, Salzbourg.

Marsch n’est d’ailleurs jamais à court d’arguments quand il s’agit de tresser les louanges de son joueur, comme ce fut le cas jeudi dernier, avant le déplacement à Fribourg, alors que certains faisaient état d’une brouille entre les deux hommes après une blessure du Francilien à l’entraînement : «Il est si important pour nous maintenant… Je suis heureux qu’il soit en si grande forme et qu’il soit un élément important de l’équipe. Il se sent très bien dans le groupe et sur le terrain, et il joue très bien».

Bientôt en équipe de France ?

Souvent cantonné au banc à Paris, Nkunku semble en tout cas avoir fait le bon choix en ralliant l’Allemagne, comme de nombreux Français, et de nombreux anciens du PSG d’ailleurs. Moussa Diaby fait par exemple les beaux jours de Leverkusen. À la différence de Nkunku, lui, a déjà connu les honneurs d’une première sélection en équipe de France. Idem pour Mukiele, l’un des autres membres de la délégation française de Leipzig, avec Mohamed Simakan. Une délégation qui s’est allégée de plusieurs éléments cet été, avec les départs de Dayot Upamencano au Bayern Munich et d’Ibrahima Konaté, à Liverpool. S’il continue à ce rythme, Nkunku, 23 ans, ne va pas tarder à taper dans l’œil de Didier Deschamps. Kimpembe sera ravi de l’accueillir à Clairefontaine. «J’espère qu’il fera ses débuts en Bleu… quand il en aura l’opportunité», glisse «Presko», en prenant toutes les précautions d’usage.

«Je prends ça comme une motivation. Ça viendra probablement si je continue comme ça», a récemment indiqué Nkunku au sujet de l’équipe de France, dans les colonnes de Bild, ajoutant qu’il se sent «fort» et qu’il est au «top» physiquement après avoir pu faire une vraie préparation cet été. On rappelle que le RB Leipzig avait participé au «Final 8» de C1 en août 2020, avant d’enchaîner sur la saison suivante. C’est le PSG qui avait mis fin à son parcours, en demies (3-0). Une chose est sûre : Nkunku sera l’une des principales menaces pour un Paris Saint-Germain qu’il aime et qu’il connaît par cœur. Un PSG au sein duquel il aurait aimé percer, et où il a d’ailleurs eu l’occasion de se montrer, plus que certaines autres jeunes pousses du centre de formation. Pas assez pour s’y faire durablement une place au soleil, toutefois. Qu’à cela ne tienne, c’est donc face à Paris qu’il tentera de briller ce mardi. Des retrouvailles en forme de «rituel» pour le Seine-et-Marnais, sachant que les deux clubs se sont affrontés lors des deux dernières saisons en C1. «Nous avons une chance à Paris», promet-il, ambitieux.

Christopher Nkunku et les Taureaux rouges feraient bien de la saisir, sous peine de voir leur parcours européen écourté. Avec zéro point après trois matches, les portes des 8es de finale seraient sans doute déjà fermées… «Ça sera un match différent (comparé à ceux des deux dernières saisons, NDLR), surtout pour nous puisqu’on a mal débuté notre campagne. On a aussi un effectif différent», souligne Mukiele. Leipzig va d’ailleurs enchaîner deux rencontres face à Lionel Messi, Kylian Mbappé et compagnie. Match retour le 3 novembre, en Allemagne cette fois. Bonne nouvelle pour Leipzig ? La malédiction qui veut que les ex-Parisiens marquent souvent contre leur ancien club est tenace. Demandez au Munichois Kinglsey Coman, bourreau du club de la capitale en finale de C1, à Lisbonne, au cœur de l’été 2020… Christopher Nkunku va-t-il perpétuer la tradition ?