McNamara, le consul américain qui ne laissa personne au Vietnam

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Par Maurin Picard

Publié , Mis à jour

Francis «Terry» McNamara, affublé d’un casque où est inscrite la mention «Commodore du Yacht-Club de Can Tho», lors de l’évacuation du personnel de son consulat par bateau. Courtesy of the National Museum of American Diplomacy

RÉCIT – À 93 ans, l’ancien diplomate suit la tragédie afghane et se souvient de son épopée: en 1975, près de Saïgon, contre l’avis de sa hiérarchie, il a sauvé des milliers de Vietnamiens menacés par le Viêt-cong.

De la coquette Arlington, en bordure de Washington DC, Francis «Terry» McNamara ne perd pas une miette des opérations d’évacuation en cours à Kaboul. «Les tripes retournées» face à son poste de télévision, ses souvenirs affluent. En 1975, ce diplomate de carrière aujourd’hui âgé de 93 ans servait en qualité de consul à Can Tho, dans le delta du Mékong, à 100 kilomètres au sud de Saïgon. Nous sommes en avril 1975. Depuis quelques jours, l’armée sud-vietnamienne se lézarde. Les munitions manquent cruellement. Le soutien logistique et financier américain, pourtant acquis aux termes des accords de paix signés en janvier 1973, s’est évanoui. L’administration Nixon, puis Ford, a tiré un trait sur cette guerre qui n’en finit plus. Lorsque le Viêt-cong lance son offensive de printemps, les grandes cités côtières tombent comme des dominos. Saïgon est menacée. Les Américains planifient discrètement une évacuation totale baptisée opération Frequent Wind, activable en cas d’effondrement brusque du

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