Olivier Zajec: «Il n’y a pas de fatalité à l’escalade nucléaire»

Réservé aux abonnés

«Le nucléaire ne garantit pas contre la stratégie du fou», confie Olivier Zajec. Collection Personnelle

ENTRETIEN – Pour ce spécialiste des enjeux de défense, il faut distinguer le risque d’une guerre nucléaire, et celui d’une crise internationale à dimension nucléaire.

Olivier Zajec est professeur en sciences politiques à l’université Jean-Moulin Lyon 3. Il est spécialiste des enjeux de défense.

LE FIGARO. – Dans les doctrines sur l’emploi des armes nucléaires, il y a toujours une part de flou. Dans une crise, qu’est-ce qui relève du bluff et de la grammaire codifiée?

Olivier ZAJEC. – L’ambiguïté est effectivement un point fondamental. C’est pourquoi la première chose à faire, lors d’une crise, est la prise de conscience intime des enjeux pour chaque acteur. La situation que nous vivons est moins comparable à 1938 qu’à la crise de Cuba de 1962. Le IIIe Reich n’avait pas la bombe…

À lire aussiGuerre en Ukraine: l’hypothèse d’une frappe nucléaire tactique russe prise au sérieux par les alliés

Un signalement nucléaire de la part d’une puissance aussi au fait de la grammaire dissuasive que la Russie n’est jamais anodin. L’Ukraine est au cœur des préoccupations géopolitiques de Moscou. Les signaux qui sont envoyés ont donc une fonction très précise. Il ne s’agit pas simplement de bluffer, mais d’indiquer aux compétiteurs de rang équivalent que certaines de leurs décisions…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 87% à découvrir.

La liberté n’a pas de frontière, comme votre curiosité.

Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois

Déjà abonné ? Connectez-vous