Plongée dans le chaudron de Mayotte, un département français en état d’urgence permanent

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Le groupe d’appui opérationnel (GAO) de la police aux frontières interpelle, mardi 24 août, un clandestin vivant dans le bidonville de Kawéni, le plus grand de France, où 17.000 habitants s’entassent. SEBASTIEN SORIANO/Le Figaro

GRAND REPORTAGE – Dans le plus pauvre des départements, des Mahorais sont exaspérés par l’insécurité et l’immigration clandestine en provenance des Comores voisines. Certains s’organisent, d’autres décident de quitter l’île pour la métropole.

Envoyé spécial à Mamoudzou (Mayotte)

Quand on lui a remis les clés, au printemps dernier, le vieil homme s’est mis à pleurer. Puis il a prononcé quatre syllabes en mahorais: «Marahaba» («Merci»). À 88 ans, Soulaïmana vit pour la première fois, à Mayotte, dans une maison raccordée à l’eau courante et à l’électricité.

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Français depuis toujours, à 8 000 kilomètres de Paris, il a quitté sans regret son habitation en tôle détruite sur ordre de la préfecture. Dans son nouveau logement social en béton, sorti de terre pour reloger des familles pauvres dans ce quartier de Koungou, il a installé une télévision, un micro-ondes et un réfrigérateur. Depuis sa terrasse, il peut toujours entendre l’appel à la prière lancé par le muezzin et apercevoir le lagon fermé par la barrière de corail, l’un des plus grands du monde. «La France a bon cœur, elle est solidaire», dit-il en souriant sous son kofia, ce bonnet mahorais brodé à la main.

Les mots sont prononcés avec une pointe de fierté: le «sage» du village,

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