Premier League : le malaise Jack Grealish à Manchester City

Sifflé par ses fans, en panne d’efficacité et puni par Guardiola… pourquoi l’intégration de Jack Grealish ne se déroule-t-elle pas comme prévu ?

Dimanche dernier, face à Newcastle, Jack Grealish restait prostré sur le banc lors de la victoire de ses coéquipiers (4-0). Interrogé par la presse quant à ce choix, Pep Guardiola préférait éluder la question après la rencontre. Mais les tabloïds ont vite découvert que l’Anglais était en réalité puni par son coach – au même titre que Phil Foden – après une excursion nocturne en boîte de nuit.

Mal aimé par son public

Pour fêter la victoire 7-0 face à Leeds, et son deuxième but de la saison en championnat, «Mister Jack» et son compère étaient sortis en boîte de nuit. Quelques jours plus tôt, celui qu’on qualifie souvent de gendre idéal avait rappelé à la presse à quel point «les standards sont élevés ici [à City] sur le terrain et en dehors.» Son entraîneur le lui a bien rappelé, en excluant les deux joueurs du groupe pour la rencontre suivante.

Cette erreur ne devrait pas améliorer les relations de l’Anglais avec son public. Avec deux buts et deux passes décisives en 13 rencontres, Grealish est loin du rendement attendu. Et son public lui fait savoir, en n’hésitant pas à le siffler lors des compositions d’équipe et quand il touche le ballon. Cette habitude a débuté au début du mois de décembre. L’attaquant avait manqué des buts très faciles face à Watford (3-1) puis Wolverhampton (1-0), ce qui avait crispé l’Etihad Stadium. Depuis, le joueur aux chaussettes baissées a un langage corporel désastreux, qui traduit bien la perte de confiance de ces derniers mois.

Grealish semble en perte totale de confiance depuis quelques semaines. MOLLY DARLINGTON / PANORAMIC

Des difficultés à s’adapter

Débarqué cet été à Manchester, Grealish n’a pas eu des premiers mois couronnés de succès. «J’ai trouvé beaucoup plus difficile que je ne le pensais de m’adapter à un manager et à des coéquipiers différents», concède-t-il dans un entretien accordé à Skysports. Arrivé en provenance d’Aston Villa, où il était le capitaine et leader incontesté, il sait qu’il doit encore s’habituer à ce que le jeu ne tourne pas autour de lui. «Au début, je pensais que j’aurais plus de ballons à jouer, plus de passes décisives et de buts, mais ça ne marche pas du tout comme ça».

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Celui qui était très libre sur le front de l’attaque des «Villains» doit également être plus rigoureux tactiquement. Alors qu’il allait où le jeu l’appelait à Birmingham, Grealish doit maintenant se cantonner à gauche, voire en faux numéro neuf à Manchester. Il est alors bien moins souvent à la baguette et, de facto, moins décisif.

Le transfert le plus cher de l’histoire de la Premier League

Au-delà de son positionnement, son rendement individuel interroge également. S’il provoque encore beaucoup de fautes (5e dans cette catégorie statistique), il apparaît moins tranchant dans ses gestes. La faute peut-être à cette finale de l’Euro perdue, mal digérée par beaucoup de joueurs anglais, mais aussi à la pression de son transfert.

Acheté pour 100 millions de livres, la plus grosse somme jamais dépensée en Premier League, l’attaquant a admis avoir une certaine pression vis-à-vis de cette réputation. Il a même expliqué qu’il se sentait obligé d’être performant pour «pouvoir rembourser le club en marquant des buts et en remportant des titres». Une pression bien loin de celle qu’il connaissait à Aston Villa, lorsque son équipe luttait pour se sauver le plus tôt possible dans la saison.

Guardiola lui fait confiance

Pour autant, Pep Guardiola continue de faire confiance à son joyau. Avec 12 titularisations sur 16 possibles, l’Espagnol croit en son joueur. «Je pense qu’il joue bien mieux qu’il ne le pense, avait-il expliqué. Il va y arriver, ce sera facile pour quelqu’un de sa qualité. Il faut juste qu’il reste lui-même.»

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Le technicien se base sur son vécu, puisqu’il a également fait remarquer que chaque joueur qui arrivait à City connaissait une longue période d’adaptation : «tous les joueurs qui viennent ici, lors de leur première saison, ils ont toujours du mal». Raheem Sterling en est l’exemple parfait. S’il est un élément essentiel depuis plusieurs années, il n’avait marqué que 6 fois en 31 matchs en 2015, sa première année au club.

Grealish devra tout de même faire mieux pour regagner le coeur de ses supporters et justifier le prix que ses dirigeants ont mis pour se l’offrir. Avec 2 buts et deux passes décisives en 13 rencontres de Premier League, il en est le premier conscient et a assuré qu’il avait «tellement plus à donner».