Présidentielle 2022: Éric Zemmour veut réinstaurer la blouse à l’école

À l’occasion de la cérémonie des vœux à la presse, le candidat de Reconquête! a épinglé les journalistes et présenté ses propositions en matière d’éducation.

Éric Zemmour veut renvoyer les journalistes à l’école. À moins que ce ne soit l’inverse… Pour la nouvelle année, le candidat nationaliste a convoqué ses «anciens confrères» de la presse à son quartier général de campagne, ce lundi, dans le 8e arrondissement de Paris.

L’occasion de présenter ses propositions sur l’éducation et, accessoirement, de leur adresser ses vœux. Pas forcément les meilleurs… Épaulé par sa récente prise de guerre venue du parti Les Républicains, Guillaume Peltier, bombardé vice-président de Reconquête! et ami de trente ans, Philippe de Villiers.

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Dans une curieuse dystopie, le candidat s’est projeté en guise d’introduction en chef de l’État élu. «Dans un an, je vous inviterai à l’Élysée. Nos relations ne seront plus les mêmes. Vous vous adresserez à moi avec admiration, respect, sollicitude et même, un brin d’hypocrisie», a-t-il lancé. Avant de promettre une rupture avec le style de son prédécesseur, «cet illustre emmerdeur», pour être «le moins jupitérien possible». Pari tenu.

«Il y a six mois à peine, j’étais l’un d’entre vous», rappelle Éric Zemmour, qui semble vouloir régler quelques comptes avec son ancienne profession. Ce «temple du progressisme» aux «questions creuses» dont le «politiquement correct» est la langue maternelle et qui est «otage de l’idéologie».

Avoir la dent dure contre les journalistes n’empêche paradoxalement pas Éric Zemmour de louer le journalisme français: «Branche de la littérature française» et «moteur de toutes les révolutions». Pourvoyeur aussi de nombreux hommes politiques, «d’Hugo à Lamartine, de Thiers à Zola et d’Aragon à Malraux», liste l’essayiste comme pour s’y élever.

C’est sans transition que le candidat a pu ensuite récapituler ses propositions pour l’école. D’ores et déjà distillées au gré de ses réunions publiques passées pour la plupart.

La bataille culturelle et politique se joue avant tout à l’école, puisqu’elle est le creuset où se façonnent les futurs Français quelles que soient leurs origines

Éric Zemmour

«Il n’y a pas de nation prospère sans une école qui transmet les savoirs et sans une école qui permet de viser l’excellence», ambitionne le candidat qui propose notamment la fin du collège unique, la création d’un certificat d’études à la fin du primaire sanctionnant les savoirs fondamentaux: lire, écrire, compter. Éric Zemmour entend également revenir à la blouse, «symbole d’égalité», ou rebaptiser symboliquement le ministère de l’Éducation nationale «ministère de l’Instruction publique».

Celui qui accuse l’école d’«endoctriner nos enfants» sous la pression des «idéologies féministes, antiracistes, LGBT» entend y «interdire toute forme de propagande idéologique». «La bataille culturelle et politique se joue avant tout à l’école, puisqu’elle est le creuset où se façonnent les futurs Français quelles que soient leurs origines. Autrement dit, la France ne peut rester elle-même sans l’école digne de ce nom», tonne Éric Zemmour, qui ambitionne de revoir les programmes. Et d’imposer aux éditeurs de s’y conformer sous peine de ne pas voir acheter leurs manuels.