Seine-Saint-Denis : une femme et son enfant tués, le père placé en garde à vue

Outre le «contexte familial», les circonstances du drame sont pour l’heure encore floues, a indiqué le parquet.

Un homme de 29 ans a été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir tué à l’arme blanche sa femme, âgée de 29 ans et enceinte de deux mois, et son enfant, âgé de deux ans et demi, dans la nuit de vendredi à samedi à Aubervilliers, a-t-on appris de source policière et auprès du parquet de Bobigny. Sa sœur s’est, elle, défenestrée pour lui échapper, a précisé dans un communiqué le procureur de la République de Bobigny, Eric Mathais.

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Le jour même, le parquet a saisi la police judiciaire de Seine-Saint-Denis d’une enquête pour «meurtre sur conjoint ou concubin», «meurtre par ascendant» et «tentative de meurtre».

Vers 2h30 samedi, les secours sont intervenus dans un appartement du centre-ville d’Aubervilliers pour prendre en charge trois personnes dont un enfant. La mère et l’enfant sont décédés peu de temps après. La sœur du mis en cause, âgée de 20 ans, a également été blessée à l’arme blanche et avait sauté par la fenêtre de l’appartement, situé au deuxième étage de l’immeuble, pour échapper à son frère. Elle a été transportée en urgence absolue à l’hôpital. «Cette dernière a été opérée. Son pronostic vital ne paraît plus engagé», a précisé le procureur. Comme les deux victimes décédées, elle avait été atteinte de plusieurs coups de couteau.

Outre le «contexte familial», les circonstances du drame sont pour l’heure encore floues, a indiqué le parquet. Un couteau a toutefois été retrouvé sous le corps d’une des victimes. Face à l’arrivée des forces de l’ordre, l’auteur a, lui, «pris la fuite en voiture et s’est encastré dans un mur avant d’être interpellé», a indiqué au Figaro une source policière. Ce dernier a été amené à l’hôpital et placé en garde à vue. Il est actuellement toujours hospitalisé pour des fractures à la main, aux deux chevilles et un pneumothorax.

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L’homme avait déjà été condamné à plusieurs reprises par la justice entre 2010 et 2021, pour «des faits d’infractions à la législation sur les stupéfiants, à la législation routière, d’atteintes aux biens ou de violences», précise le communiqué du procureur. Mais «en l’état, il n’a pas été retrouvé de plaintes à son encontre pour des faits de violences conjugales», a précisé le parquet.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 femmes avaient été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Elles étaient 146 en 2019.

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