Top 14 : le Biarritz Olympique a désormais la tête sous l’eau

Battus à Aguiléra par les Perpignanais, les Basques, désormais derniers au classement, vont devoir batailler ferme pour se maintenir. Des difficultés sportives qui s’ajoutent aux remous en dehors du terrain pour le retour dans l’élite.

Un coup de massue pour le Biarritz Olympique. En s’inclinant samedi à Aguiléra face à Perpignan (23-25) dans le match de la peur entre promus, les Basques se sont fortement compliqué la tâche en vue du maintien. Les voilà désormais lanterne rouge du Top 14, avec trois points de retard sur l’Usap, qui aura l’avantage comptable en fin de saison en cas d’égalité puisque les Catalans s’étaient déjà imposés à l’aller, à Aimé-Giral (33-20).

À lire aussiRugby : le président de Biarritz revient sèchement sur le conflit qui l’oppose à l’association du club

Dans un match âpre et haché – «c’était un match de Pro D2», a reconnu le troisième-ligne perpignanais Damien Chouly -, le BO a cruellement manqué de maîtrise face à un adversaire qu’il connaît par cœur. Secoués en mêlée, approximatifs en touche (trois lancers perdus), les Biarrots peuvent s’en vouloir. Ils se sont régulièrement obstinés à jouer les pénaltouches plutôt que de tenter les pénalités.

En toute fin de match, ils pensaient avoir fait la différence lorsque Herron a passé une pénalité (23-22, 74e). Mais, sur le renvoi suivant, Mahu a gratté le ballon de la gagne et Jaminet n’a pas tremblé pour offrir la victoire aux Catalans (25-23, 76e). «C’est dommage qu’en repassant devant à cinq minutes de la fin, on ne soit pas assez tueur et qu’on n’arrive pas à plier le match», a enragé le troisième-ligne basque Mathieu Hirigoyen.

C’est mal barré, mais ce n’est pas pour autant qu’on va abandonner. Il faudrait que quelqu’un m’explique que ce n’est mathématiquement plus possible

Matthew Clarkin

Biarritz veut néanmoins croire à des jours meilleurs. «On perd un match très important, qu’on avait ciblé. On est très déçu, mais ce n’est pas fini, on est encore dans la course, il reste une dizaine de matches, poursuit Hirigoyen. À nous de relever la tête et de faire preuve de caractère comme on a déjà pu le faire cette saison.» Même discours du côté du directeur sportif Matthew Clarkin, cité par Sud Ouest : «On est toujours dans la bataille pour le maintien. C’est mal barré, mais ce n’est pas pour autant qu’on va abandonner. Il faudrait que quelqu’un m’explique que ce n’est mathématiquement plus possible.»

Après la fenêtre européenne, les Biarrots auront droit à une nouvelle chance, face à un autre concurrent pour le maintien, Brive. Un déplacement une nouvelle fois «à la vie, à la mort» pour le BO engagé dans une lutte à trois, en bas de classement, avec les Corréziens et les Catalans. «Espérons qu’on ne se trompe pas une deuxième fois», prévient Matthew Clarkin.

En pleine tempête sportive, le BO doit également faire face, depuis de nombreux mois, à des remous extra-sportifs avec un conflit qui s’éternise entre la direction du club, la mairie de Biarritz et l’Association qui gère le secteur amateur. Au cœur des bisbilles, la rénovation du stade Aguiléra déchaîne les passions entre la mairie et le club, qui a carrément menacé de se délocaliser dans le Nord.

Les «Galactiques» de l’Association

Pour cela, les dirigeants actuels du club auraient besoin du numéro d’affiliation du club auprès de la FFR, qui est la propriété de l’Association. Récemment, des anciens grands joueurs du BO (Harinordoquy, Yachvili, Traille…) ont pris les commandes de l’Association, désormais dirigée par David Couzinet. Ce qui a entraîné la colère du président du directoire du BO, Jean-Baptiste Aldigé, qui accuse la maire de la ville, Maider Arosteguy, d’être derrière l’arrivée de ceux que l’on surnomme désormais les «Galactiques» et de les soutenir financièrement.

En fin d’année, Jean-Baptiste Aldigé avait exprimé sa colère dans les colonnes de Sud Ouest. «Mme Arosteguy ne veut pas faire d’ingérence en sortant Couzinet de l’asso, mais le 15 septembre, ce n’était pas de l’ingérence de l’y mettre? Elle active (Sébastien) Beauville (ex-président de l’Association, NDLR) en avril, il y a des répercussions sur le club. Elle active les Galactiques – qu’on devrait plutôt appeler les cafetiers – il y a des répercussions, avait vitupéré le dirigeant biarrot. Elle enlève la subvention de 350.000 euros de la SASP pour la donner à l’asso, il y a des répercussions. Bien entendu qu’ils n’allaient pas à l’asso ! Il devait y avoir maximum 70.000 € qui partaient à l’asso. Le reste, on le gardait à la SASP.»

Ce contexte vicié, qui dure depuis de longs mois, ne semble pas près de s’arranger. À cela s’ajoutent désormais les mauvais résultats sportifs. Le retour dans l’élite, après sept ans d’absence, du Biarritz Olympique – bastion historique du rugby français (champion 1935, 1939, 2002, 2005 et 2006) – est des plus tourmentés…