Un Irano-Britannique libéré par Téhéran se dit «en colère» contre Londres

Un Irano-Britannique relâché par Téhéran mi-mars après des années en prison s’est dit «un peu en colère» que le gouvernement britannique n’ait pas agi plus prestement, accusant le premier ministre Boris Johnson d’«opportunisme».

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Anoosheh Ashoori, un ingénieur à la retraite de 68 ans, avait été arrêté en août 2017 alors qu’il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d’Israël, des accusations qu’il a toujours niées. Il est retourné au Royaume-Uni le 17 mars, en même temps que Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, une autre binationale retenue durant six ans, après le règlement par Londres d’une veille dette de 394 millions de livres due à l’Iran.

«Un peu d’opportunisme»

Dans une interview diffusée jeudi 24 mars au soir par la chaîne Sky News, Anoosheh Ashoori a accusé le premier ministre Boris Johnson, qui était auparavant ministre des Affaires étrangères, d’avoir ignoré les appels de sa femme à la rencontrer pour discuter de son cas. «Elle a fait plusieurs tentatives et aucune n’a abouti», a-t-il déploré. Or, après son retour, il a dit avoir reçu une lettre du dirigeant conservateur, et «il veut maintenant vraiment nous voir», a-t-il poursuivi. «Je pense qu’il y a un peu d’opportunisme (…) Pourquoi cette lettre n’a-t-elle pas pu être envoyée il y a cinq mois, un an, deux ans? Pourquoi maintenant?», a-t-il ajouté, se disant «pas sûr» qu’il accepterait la rencontre.

Un message vocal que le détenu était parvenu à transmettre à Boris Johnson en 2019 au risque de compromettre sa «sécurité» n’avait pas non plus reçu de réponse: «Malheureusement, il n’a même pas pris cinq minutes pour appeler ma famille». Anoosheh Ashoori a abondé dans le sens de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, qui a estimé lors d’une conférence de presse lundi que le paiement de la dette bien plus tôt par les Britanniques lui aurait permis d’éviter la prison. «Ce n’était pas une rançon mais une dette que le gouvernement britannique devait. Elle aurait dû être payée et si elle l’avait été, peut-être que rien de tout ça ne serait arrivé. Alors oui, je suis un peu en colère», a-t-il dit.

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Dans une interview au quotidien The Guardian, le Londonien a expliqué que les Affaires étrangères britanniques avaient conseillé durant deux ans à sa famille de ne pas commenter publiquement sa détention. «Si nous n’avions pas écouté, peut-être aurions nous eu de meilleurs résultats plus tôt».