Vaccination des 5-11 ans : puis-je m’absenter de mon travail pour accompagner mon enfant ?

Trouver un créneau de vaccination en dehors de vos horaires de travail peut poser problème. Quels sont vos droits ? Le Figaro fait le point.

Déjà accessible depuis le 15 décembre aux enfants de 5 à 11 ans qui risquent de développer une forme grave du Covid-19 ou qui vivent dans l’entourage de personnes immunodéprimées, la vaccination pourrait être étendue dès mercredi à l’ensemble de la tranche d’âge. Une annonce du gouvernement dans ce sens est attendue. Il suivrait ainsi les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) qui s’était prononcée, lundi 20 décembre, en faveur de cet élargissement, sans pour autant le rendre «exigible ni obligatoire», ainsi que la décision du comité français d’éthique (CCNE), qui avait rendu un avis similaire le vendredi 17 décembre.

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Toutefois, entre les horaires de travail, les heures de classe et les créneaux disponibles, trouver un rendez-vous va vite se transformer en casse-tête. Du côté des entreprises, on se veut néanmoins rassurant : «on s’adapte depuis toujours aux phénomènes scolaires», souligne Benoit Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH (Andrh). Il fait confiance aux entreprises pour faire preuve de bon sens : «on va rendre les choses possibles, on a conscience des contraintes», assure-t-il. Il s’attend notamment à des absences nombreuses le mercredi après-midi ou à l’heure de la sortie des classes.

Une situation prévue par la loi

De fait, le gouvernement a déjà couvert ce cas de figure dans l’article 17 de la loi du 5 août 2021. Cette dernière stipule que: « les salariés, les stagiaires et les agents publics bénéficient d’une autorisation d’absence pour se rendre aux rendez-vous médicaux liés aux vaccinations contre la covid-19. Une autorisation d’absence peut également être accordée au salarié, au stagiaire ou à l’agent public qui accompagne le mineur ou le majeur protégé dont il a la charge aux rendez-vous médicaux liés aux vaccinations contre la covid-19.»

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Bien sûr, ces absences «n’entraînent aucune diminution de la rémunération et sont assimilées à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits légaux ou conventionnels acquis par les intéressés au titre de leur ancienneté ».

En outre, la Direction Générale de la Santé (DGS) prévoit l’ouverture de plages horaires spécifiques notamment le mercredi matin, les samedis ainsi que les fins de journée. Il est prévu que les cabinets médicaux prennent aussi part à la campagne de vaccination des plus jeunes. Pour ce faire, ils peuvent commander des doses pédiatriques depuis le 13 décembre. Les premières livraisons sont attendues à partir du 24 décembre ; de nouveaux rendez-vous pourront ainsi être obtenus.

Une mesure qui fait débat

Du côté de l’école, il n’a pas de raison d’empêcher les enfants d’aller se faire vacciner y compris pendant les heures de classe, même si le ministère de l’Éducation demande au maximum de viser de créneaux hors des heures d’école. Cependant aucune consigne explicite n’a été donnée, chaque établissement ou académie pourra gérer son organisation en interne.

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Contrairement à la vaccination des enfants à risques qui semble faire largement consensus, l’élargissement à la tranche d’âge des 5- 11 ans est plus débattu. Pour le gouvernement cette mesure est «une nécessité» selon le premier ministre Jean Castex, qui estime que les enfants «sont des transmetteurs» du virus. La communauté scientifique semble, elle, plus nuancée. Le Conseil scientifique a qualifié le sujet de «complexe» et n’a pas souhaité la rendre obligatoire, ni instaurer de passe sanitaire pour cette tranche d’âge.